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Nadia Beugré signe un retour aux racines avec « Épique ! »

Avec « Épique ! », la chorégraphe ivoirienne Nadia Beugré propose au théâtre Garonne une création profondément intime, entre danse contemporaine, récit initiatique et rituel scénique. Du 25 au 27 mars 2026, le public sera immergé dans ce retour aux sources, à la fois personnel et symbolique pour l’artiste, puisqu’elle replonge dans l’histoire du village de ses ancêtres.

Epique !

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Au cœur du spectacle, Yikakou apparaît comme un territoire fantastique et secret. Ce lieu, considéré comme maudit et désormais recouvert par la forêt en Côte d’Ivoire, constitue le point de départ d’une quête mémorielle et identitaire. L’œuvre s’articule autour de ce retour impossible, transformé en exploration artistique où souvenirs intimes et mémoire collective se mêlent.

Dans cette création, Nadia Beugré renoue avec la forme du solo, plus de dix ans après ses premières œuvres, pour interroger ses origines et ses héritages culturels. La chorégraphe, figure majeure de la scène contemporaine africaine et européenne, poursuit ici une recherche artistique qui lie engagement personnel et narration corporelle.

La pièce s’appuie sur un voyage symbolique vers l’enfance et les terres familiales. L’artiste convoque les souvenirs de sa lignée et cherche à réparer une mémoire fragmentée par la disparition du village ancestral. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de transmission, en donnant corps à des histoires souvent invisibilisées.

Les femmes au centre du récit

L’un des fils conducteurs du spectacle repose sur la présence de figures féminines issues des traditions orales africaines et de l’histoire familiale de l’artiste. Parmi elles, l’aïeule qui lui a transmis son nom symbolique, Gbahihonon. La chorégraphe convoque également des personnages issus des épopées mandingues, à l’image de Dô-Kamissa, femme légendaire capable de se métamorphoser en buffle. Ces récits mythologiques nourrissent la dramaturgie et enrichissent la dimension symbolique de la pièce, reliant l’histoire individuelle à un imaginaire collectif.

Pour accompagner ce voyage chorégraphique, Nadia Beugré partage la scène avec deux artistes qui jouent un rôle essentiel dans la narration. La musicienne Salimata Diabaté et la griotte Charlotte Dali incarnent la dimension orale et musicale du spectacle. Leur présence contribue à créer une atmosphère proche du rituel. Les chants, les sons et les gestes participent à convoquer les souvenirs et les esprits, donnant au spectacle une dimension presque cérémonielle.

du mercredi 25 mars au vendredi 27 mars 2026
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Saison 2025/2026 • Théâtre

Saison 2025/2026 • Danse

Édito

Ouvrir le paysage

Qu’est-ce que la beauté ? « Quelque chose qui nous emmène au-delà du simple regard », écrit Jean-Luc Nancy. L’art serait alors cette brèche dans l’espace, une percée de l’imaginaire par laquelle affleure un monde à la fois inconnu et pourtant familier. Une œuvre a ce pouvoir singulier:créer une ouverture à l’intérieur de soi.

Essayer de voir ce qu’il y a derrière les choses — derrière les corps, les visages, les mots. Aller au-delà des formes, chercher un point de vue.Agrandir le champ, se rapprocher, ou au contraire, prendre du recul. Porter le regard loin devant, mais aussi se retourner. Regarder au-delà.

C’est ce que propose Ulla von Brandenburg avec Das Was Ist, installation qui a inspiré l’image de la saison en couverture de ce programme.Artiste entre deux mondes —le théâtre et les arts plastiques— elle incarne cette porosité entre les arts. Nous lui avons proposé un compagnonnage de trois ans, en lien étroit avec le musée des Abattoirs. Elle inaugurera la première édition de SCÉNO, temps fort dédié à la scénographie.

Sa présence souligne une conviction profonde: Garonne est avant tout un théâtre d’artistes. Un lieu où la création est centrale, avec tout ce qu’elle contient d’inattendu, de troublant, de stimulant. Les artistes sont des antennes sensibles, capables de capter les signaux du monde pour les transformer en formes nouvelles, en visions singulières sur le plateau.

Notre souhait au théâtre Garonne est de les accompagner au plus près. Cette saison, douze projets seront coproduits par le théâtre — soit presque la moitié de la programmation. Il nous semble essentiel de soutenir une grande pluralité de formes : naviguer entre danse, théâtre, performance, cirque, musique et arts plastiques. La moitié des artistes programmés cette saison se produiront pour la première fois à Garonne. Ils apportent à leur manière un souffle nouveau.

Et puisqu’il n’y a pas de théâtre sans public — que le public, par sa simple présence, fait advenir le théâtre — nous avons imaginé de nouvelles temporalités comme prolonger les séries ou inventer de nouveaux rendez-vous. C’est tout le sens des Avant-PremièresAvant Avignon : permettre au public de découvrir, mieux encore, de participer à l’éclosion des œuvres. Pour faire résonner aujourd’hui ce qui vibrera demain.

Les vingt-sept spectacles, venus des vingt-sept coins du monde, partagent— presque par hasard — des interrogations communes, des formats qui dialoguent: seul•es en scène, enquêtes, théâtres documentaires, spectacles à voir en famille, dispositifs vidéo-cinéma, autofictions, récits de justice, de résilience, scénographies vivantes.Et des expériences où le public devient acteur: cinq spectacles participatifs sont au programme, dont Ballet Jogging de Pierre Rigal, conçu pour cent cinquante joggeur•euses (passionné·es de course à pied, manifestez-vous!)

Ouvrir le paysage, c’est aussi élargir les alliances, renforcer les complicités à l’échelle de la ville, de la métropole, de la région. Je tiens à remercier ici tous nos partenaires : le ThéâtredelaCité, le Théâtre Sorano, Odyssud, La Place de la Danse, les Abattoirs, L’Usine, la Grainerie, la librairie Ombres blanches, le NeufNeuf, le Centre James Carlès, l’Université Toulouse Jean-Jaurès, lesÉditions Anacharsis, la Cinémathèque, le Cratère, le Centre culturel Bonnefoy, L’Escale,le Muséum, le GMEA, un pavé dans le Jazz, Music’Halles, Cinélatino,Marionnetissimo.

Au-delà du plaisir de faire ensemble, de partager nos enthousiasmes et de faire circuler les publics, ces collaborations prennent un sens vital dans un contexte budgétaire tendu. Les coupes que nous avons subies cette année fragilisent nos équilibres. Si elles devaient se prolonger, c’est tout le paysage du spectacle vivant à Toulouse qui en serait transformé. Il est nécessaire d’engager une réflexion collective. Imaginer, avec nos financeurs et partenaires, de nouveaux soutiens ou de nouvelles configurations possibles.

Ouvrir le paysage : quel étrange paradoxe du théâtre, qui, pour ouvrir l’horizon, aurait recours au plateau, un lieu clos par nature. Depuis les grecs, et bien avant eux dans les grottes, nous avons inventé des espaces pour qu’ils tiennent le rôle de seuil vers d’autres mondes. Nous sommes ici— publics et artistes — sur ce seuil. Et quelque chose peut s’ouvrir, à nouveau.

Aurélien Bory

AFFICHES