Accueil » théâtre Garonne

ACTUALITÉ

« Cònsolo » : quand le solo devient festin politique

Présenté du 14 au 17 avril 2026 au théâtre Garonne, Cònsolo de Daniele De Michele propose une performance singulière où cuisine, mémoire familiale et réflexion politique se rencontrent sur scène. Entre récit intime et banquet imaginaire, ce solo transforme les gestes culinaires en matière artistique et sensible.

Lire la suite

Plongée théâtrale et gastronomique, Cònsolo invite le public à un banquet sans concession où cuisine familiale, mémoire intime et réflexions politiques se mêlent sur scène. Porté par l’artiste et performeur Daniele De Michele, ce solo atypique tisse avec humour et sensibilité une histoire de passion culinaire héritée de sa grand-mère, transformant le simple geste de cuisiner en une fête vivante de récits, de saveurs et de pensée critique. Au théâtre Garonne, cette performance résonne comme une célébration du vivant et des savoirs populaires, offrant une expérience sensorielle et réflexive.

La gastronomie pour point de départ

Bien au-delà d’un simple monologue, Cònsolo se présente comme une performance originale où la cuisine devient langage, métaphore et matière à questionner le monde. L’artiste italien Daniele De Michele, économiste de formation devenu réalisateur, DJ et anthropologue de la gastronomie, y partage une passion héritée de sa nonna (grand-mère), figure tutélaire de la cuisine familiale. Plus encore, ce spectacle imaginé en collaboration avec le metteur en scène Julien Cassier, explore comment les gestes culinaires simples peuvent devenir des gestes politiques, sociaux et humains.

Un format original pour porter un message

À l’heure où les spectacles hybrides explorent de nouvelles formes de narration, Cònsolo offre une proposition singulière : un théâtre de l’incarnation, de la mémoire et du partage. Sans être didactique, il parvient à susciter l’envie de repenser notre rapport à l’alimentation et à notre héritage culturel. Son humour discret, sa profondeur sensible et son invitation à prendre part à la conversation font de cette performance un moment fort de la saison culturelle toulousaine.

En bref, avec Cònsolo, Daniele De Michele signe une œuvre chaleureuse et intelligente, où le geste le plus quotidien prend une dimension poétique et politique. Une invitation à renouer avec les gestes simples, à célébrer le patrimoine immatériel et à cultiver la curiosité envers l’autre et soi-même.

du mardi 14 avril au vendredi 17 avril 2026
Site internet • Billetterie en ligne • 
Linktree


Dans le cadre de notre démarche d’innovation éditoriale, cet article a été rédigé en partie à partir d’un communiqué de presse en s’appuyant sur une technologie avancée d’intelligence artificielle. Il a fait l’objet d’une vérification rigoureuse et d’une validation par des journalistes de la rédaction de Culture 31 afin d’en garantir la fiabilité et la pertinence.

Saison 2025/2026 • Théâtre

Saison 2025/2026 • Danse

Édito

Ouvrir le paysage

Qu’est-ce que la beauté ? « Quelque chose qui nous emmène au-delà du simple regard », écrit Jean-Luc Nancy. L’art serait alors cette brèche dans l’espace, une percée de l’imaginaire par laquelle affleure un monde à la fois inconnu et pourtant familier. Une œuvre a ce pouvoir singulier:créer une ouverture à l’intérieur de soi.

Essayer de voir ce qu’il y a derrière les choses — derrière les corps, les visages, les mots. Aller au-delà des formes, chercher un point de vue.Agrandir le champ, se rapprocher, ou au contraire, prendre du recul. Porter le regard loin devant, mais aussi se retourner. Regarder au-delà.

C’est ce que propose Ulla von Brandenburg avec Das Was Ist, installation qui a inspiré l’image de la saison en couverture de ce programme.Artiste entre deux mondes —le théâtre et les arts plastiques— elle incarne cette porosité entre les arts. Nous lui avons proposé un compagnonnage de trois ans, en lien étroit avec le musée des Abattoirs. Elle inaugurera la première édition de SCÉNO, temps fort dédié à la scénographie.

Sa présence souligne une conviction profonde: Garonne est avant tout un théâtre d’artistes. Un lieu où la création est centrale, avec tout ce qu’elle contient d’inattendu, de troublant, de stimulant. Les artistes sont des antennes sensibles, capables de capter les signaux du monde pour les transformer en formes nouvelles, en visions singulières sur le plateau.

Notre souhait au théâtre Garonne est de les accompagner au plus près. Cette saison, douze projets seront coproduits par le théâtre — soit presque la moitié de la programmation. Il nous semble essentiel de soutenir une grande pluralité de formes : naviguer entre danse, théâtre, performance, cirque, musique et arts plastiques. La moitié des artistes programmés cette saison se produiront pour la première fois à Garonne. Ils apportent à leur manière un souffle nouveau.

Et puisqu’il n’y a pas de théâtre sans public — que le public, par sa simple présence, fait advenir le théâtre — nous avons imaginé de nouvelles temporalités comme prolonger les séries ou inventer de nouveaux rendez-vous. C’est tout le sens des Avant-PremièresAvant Avignon : permettre au public de découvrir, mieux encore, de participer à l’éclosion des œuvres. Pour faire résonner aujourd’hui ce qui vibrera demain.

Les vingt-sept spectacles, venus des vingt-sept coins du monde, partagent— presque par hasard — des interrogations communes, des formats qui dialoguent: seul•es en scène, enquêtes, théâtres documentaires, spectacles à voir en famille, dispositifs vidéo-cinéma, autofictions, récits de justice, de résilience, scénographies vivantes.Et des expériences où le public devient acteur: cinq spectacles participatifs sont au programme, dont Ballet Jogging de Pierre Rigal, conçu pour cent cinquante joggeur•euses (passionné·es de course à pied, manifestez-vous!)

Ouvrir le paysage, c’est aussi élargir les alliances, renforcer les complicités à l’échelle de la ville, de la métropole, de la région. Je tiens à remercier ici tous nos partenaires : le ThéâtredelaCité, le Théâtre Sorano, Odyssud, La Place de la Danse, les Abattoirs, L’Usine, la Grainerie, la librairie Ombres blanches, le NeufNeuf, le Centre James Carlès, l’Université Toulouse Jean-Jaurès, lesÉditions Anacharsis, la Cinémathèque, le Cratère, le Centre culturel Bonnefoy, L’Escale,le Muséum, le GMEA, un pavé dans le Jazz, Music’Halles, Cinélatino,Marionnetissimo.

Au-delà du plaisir de faire ensemble, de partager nos enthousiasmes et de faire circuler les publics, ces collaborations prennent un sens vital dans un contexte budgétaire tendu. Les coupes que nous avons subies cette année fragilisent nos équilibres. Si elles devaient se prolonger, c’est tout le paysage du spectacle vivant à Toulouse qui en serait transformé. Il est nécessaire d’engager une réflexion collective. Imaginer, avec nos financeurs et partenaires, de nouveaux soutiens ou de nouvelles configurations possibles.

Ouvrir le paysage : quel étrange paradoxe du théâtre, qui, pour ouvrir l’horizon, aurait recours au plateau, un lieu clos par nature. Depuis les grecs, et bien avant eux dans les grottes, nous avons inventé des espaces pour qu’ils tiennent le rôle de seuil vers d’autres mondes. Nous sommes ici— publics et artistes — sur ce seuil. Et quelque chose peut s’ouvrir, à nouveau.

Aurélien Bory

AFFICHES