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Mercredi 16 Janvier 2019

Orchestre National du Capitole

Quand la jeunesse d’un Kah Chun Wong et d’un Adam Laloum s’empare de Mozart et Mahler

Par Michel Grialou

Jeunes, ils le sont, le chef natif de Singapour Wong (32 ans)  et le pianiste toulousain Laloum (31 ans). Les deux affrontent le Concerto pour piano et orchestre n°21 du toujours jeune Wolfgang Mozart (29 ans)  tandis que suivra la Symphonie n°1 « Titan » du jeune Gustav Mahler (28 ans). Place à la jeunesse donc. Les forces vives orchestrales sont celles de l’Orchestre National du Capitole. C’est à la Halle à 20h le samedi 12 janvier 2019.

 

Adam Laloum © Harald Hoffmann / Sony Music Entertainment

Adam Laloum © Harald Hoffmann / Sony Music Entertainment

 

Faut-il présenter encore Adam Laloum ? Ce toujours jeune pianiste, tout juste trentenaire, étonne son auditoire pratiquement à chacune de ses apparitions en concert, que ce soit en récital ou comme concertiste. L’artiste n’a plus une minute. Il est partout. Affamé de musique de chambre surtout, il est très sollicité alors dans toute pièce où le piano doit être présent. N’a-t-on pas dit de lui : « Adam a les qualités d’un grand chambriste : il joue magnifiquement, sait être autant à l’écoute qu’il peut être moteur. » Les concertos ne lui font plus peur, et c’est ainsi que la Halle a pu l’accueillir, après le n°1 de Johannes Brahms, dans le n°2. Il a aussi déjà interprété en ce même lieu le n°23 de ce cher Amadeus. Pour le dire simplement, l’artiste ne joue pas qu’avec ses doigts déclenchant alors chez l’auditeur comme une sorte d’attraction. Jeu captivant car très singulier, interrogateur. « Jouer avec son cœur, c’est déjà pas mal. » a-t-il pu confier.

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Un analyste de haut vol vous dirait : « Pourtant, il y a un mystère Laloum, qui émeut, fascine ou dérange, en tout cas impose le respect : plus il se produit, et moins on le connaît. Plus l’artiste se livre, et plus les ressorts secrets de son jeu se dérobent. »

http://www.pianobleu.com/adam_laloum.html : Vous vous devez de consulter cette adresse qui vous apprendra beaucoup sur le pianiste et vous donnera aussi quelques clés sur ses choix délibérés d’interprétation. Écoutons-le encore nous confier : « …Je crois que nous aimons tous quand la musique est jouée naturellement, je fais donc tout mon possible pour préserver ce naturel, qui nous échappe si souvent et que l’on peine à retrouver. Un naturel déjà faussé à la base par nos connaissances et nos névroses…Souvent ce naturel n’arrive qu’après des heures de “prises de tête“ avec la partition, c’est un moment plutôt gratifiant dans le travail d’interprétation. »

 

Kahchun Wong © CAMI 

 

Quant à Kah Chun Wong ? Originaire de Singapour, ce jeune chef se fait connaître en remportant le Concours Mahler en mai 2016 devant 381 concurrents, ce qui lui vaut d’être nommé par Gustavo Dudamel comme chef assistant au Philharmonie de Los Angeles pour la saison 2016-2017, Dudamel justement, premier lauréat de ce concours de direction ayant lieu tous les 3 ans, et parrainé par la petite-fille, Marina, de Gustav Mahler. Après un brillant remplacement de dernière minute au Symphonique de Nuremberg en 2016, il est aussitôt nommé comme chef principal de ce même orchestre avec prise de fonction en 2018. Plutôt fulgurant le début de carrière. Bien sûr, les invitations tombent comme gravelotte sur le surdoué de la baguette, aussi bien pour nombre d’orchestres d’Extrême Orient qu’européens, plus une tournée en Chine avec son orchestre de Nuremberg. Durant 2018, il aura aussi accompagné Ivan Fischer dans sa tournée en Amérique du Nord avec cet orchestre que nous connaissons si bien, celui du festival de Budapest, maintes fois invité  à la Halle avec le Cycle Grands Interprètes. Il y a un an, il dirigeait la Symphonie du Nouveau monde, ici même avec l’ONT.

 

Orchestre National du Capitole © Marco Borggreve

 

Concerto pour piano et orchestre n°21 en ut majeur, K.467 avec : Allegro suivi de l’Andante puis Allegro viva assai. Un des plus connus, c’est sûr. Sachons que les concertos pour piano de Mozart font, pour la première fois dans l’histoire du genre, du soliste et de l’orchestre les partenaires égaux d’un dialogue véritable mené tout au long de l’œuvre.  L’Andante aura un succès fou et définitif, mais pas tout de suite ! la mélodie initiale, d’une douceur et d’une apaisante beauté, écrite de manière exquise pour les cordes en sourdine, doit par la suite cohabiter avec des harmonies si stridentes dans leur dissonance et leur intensité émotionnelle que Léopold Mozart s’en alarma vivement, craignant que son fils n’exige de son public plus que ce qu’on pouvait en attendre. Il ne se trompait guère puisque ce concerto fut l’une des premières œuvres qui vit le public viennois commencer à se détourner du “divin“, chose assez impensable avec notre recul.

Dans ce concerto, le monde créé par le compositeur est bien différent du précédent, le n°20, cette fois, lumineux et rayonnant, avec un andante tellement apaisé. Pourtant, les deux furent composés pratiquement en même temps. C’est Mozart lui-même qui, du n°21, en a donné la première audition à Vienne le 10 mars 1785 au Théâtre national de la Cour Impériale et Royale. Son cher père, présent, en dira qu’il était sans aucun doute remarquablement difficile.

Symphonie n°1 en ré majeur, Titan

I. Langsam – Schleppend – Wie ein Naturlaut (Lent – Traînant – Comme une voix de la nature)
Immer sehr gemächlich (Toujours très modéré)

II. Kräftig bewegt, doch nicht zu schnell (Energique et animé, mais pas trop vite)

III. Feierlich und gemessen, ohne zu schleppen (Solennel et mesuré, sans traîner)

IV. Stürmish bewegt (Orageux – Animé)

durée ~ 55 mn

« Toutes mes œuvres sont une anticipation de la vie qui vient. » G. Mahler

L’orchestration de la Première Symphonie, telle que nous la connaissons aujourd’hui date, à peu de choses près, de 1897 après de nouvelles révisions. Elle comprend bien sûr tous les pupitres de cordes, une harpe, les bois ou vents par quatre, mais de nombreux cuivres -sept cors, cinq trompettes, quatre trombones, un tuba-, ainsi que deux timbaliers et une percussion abondante. Le raffinement, et parfois même la nouveauté des sonorités ne cesse jamais de surprendre ni d’étonner, et cela d’autant plus que la plupart des inventions sonores les plus hardies se trouvent déjà dans le manuscrit de 1893.

 

Gustav Mahler

 

Interrogé à ce sujet par sa fidèle amie Nathalie Bauer-Lechner, Mahler lui répond en 1900 : « Cela provient de la manière dont les instruments sont utilisés. Dans le premier mouvement, leur timbre propre est submergé par l’océan de sons, comme le sont ces corps lumineux qui deviennent invisibles à cause de l’éclat même qu’ils diffusent. Plus tard dans la Marche, les instruments ont l’air d’être travestis, camouflés. La sonorité doit être ici comme assourdie, amortie, comme si on voyait passer des ombres ou des fantômes. Chacune des entrées du canon doit être clairement perceptible. Je voulais que sa couleur surprenne et qu’elle attire l’attention. Je me suis cassé la tête pour y arriver. J’ai finalement si bien réussi que tu as ressenti toi-même cette impression d’étrangeté et de dépaysement. Lorsque je veux qu’un son devienne inquiétant à force d’être retenu, je ne le confie pas à un instrument qui peut le jouer facilement, mais à un autre qui doit faire un grand effort pour le produire et ne peut y parvenir que contraint et forcé. Souvent même, je lui fais franchir les limites naturelles de sa tessiture. C’est ainsi que contrebasses et basson doivent piailler dans l’aigu et que les flûtes sont parfois obligées de s’essouffler dans le grave, et ainsi de suite… » Pas étonnant que la critique hongroise accuse  Mahler de cultiver l’étrangeté, la vulgarité, la bizarrerie, la cacophonie même, « anti-musicale », de manquer d’invention, de goût, et de ne se complaire que dans les effets orchestraux. L’homme est à terre, fort surpris d’être de la sorte…incompris.

Pour la genèse de la Symphonie et sur les quatre mouvements, cliquez ici

 

Orchestre Capitole Onct

Billetterie en Ligne de l’Orchestre du Capitole

Orchestre National du Capitole
Kah Chun Wong (direction) • Adam Laloum (piano)
samedi 12 janvier 2019 • Halle aux Grains (20h00)

 

L’Orchestre du Capitole : le merveilleux au quotidien

Au fil des ans, l’Orchestre national du Capitole a su imposer une dynamique d’excellence qui fait de lui l’un des plus beaux ambassadeurs de Toulouse et de sa région. À l’heure d’un premier bilan, l’ouverture à de nouveaux publics constitue l’une des lignes de force majeures de la saison 2018-2019. Mélomanes avertis et spectateurs débutants, familiers de la Halle aux Grains comme désireux de nouvelles formes de concerts : la quête de publics renouvelés, autant que la fidélité de celles et de ceux qui sont attachés aux musiciens de l’Orchestre, font de cette année musicale une saison d’ouverture, où plaisir et curiosité chantent à l’unisson.

De nouveaux formats déjà classiques

La série des Happy Hour s’est imposée comme l’un des rendez-vous incontournables de la vie culturelle toulousaine. Une heure pour découvrir un chef-d’œuvre du répertoire, à l’heure de l’apéritif, qui rencontre un vif succès auprès de tous les publics. Ce n’est pas la l’unique proposition renouvelée de l’orchestre : le compositeur Moondog, figure inclassable des scènes alternatives américaines, admiré de Charlie Parker et de Steve Reich, fait cette année l’objet d’une programmation spécifique, qui permet à l’Orchestre d’imaginer un projet fédérant toutes les institutions musicales de Toulouse. Concerts-cinémas, concerts pour les familles contribuent à enrichir cette ouverture de l’Orchestre à de nouvelles générations.

Musique française

Plus que jamais, le répertoire français constitue le cœur battant de l’orchestre. Les compositeurs d’hier et d’aujourd’hui sont particulièrement mis à l’honneur : César Franck, Claude Debussy, Maurice Ravel, Henri Duparc… et une soirée exceptionnelle consacrée à La Damnation de Faust  d’Hector Berlioz. Autant de noms qui témoignent de la volonté de défendre des pages fameuses et des figures à redécouvrir. De jeunes créateurs, tels que le toulousain Benjamin Attahir, avec qui l’orchestre a noué une relation exceptionnelle, figurent au premier rang de cette nouvelle saison. Compositeurs, interprètes, thématiques… L’orchestre s’inscrit pleinement dans le bel élan des scènes françaises.

Jeunes artistes

L’Orchestre du Capitole s’est imposé comme une pépinière de talents. Des interprètes désormais incontournables des scènes internationales - les pianistes Bertrand Chamayou, David Fray ou Adam Laloum, par exemple - y ont fait leurs premiers pas. Cette nouvelle saison est l’occasion de découvrir de jeunes chefs tels que l’inclassable Maxim Emelyanychev, venu du baroque et déjà adoubé par les plus prestigieux ensembles, de réentendre le jeune Klaus Mäkelä ou de découvrir le britannique Ben Gernon, afin de préparer l’avenir des orchestres européens aux côtés des musiciens toulousains. L’énergie de solistes tels qu’Edgard Moreau donne d’éblouissantes garanties quant au renouveau du paysage musical français.

Fidélités

En ces temps de renouveau, les collaborations placées sous le signe de la fidélité sont aussi l’expression d’une pérennité musicale. Grands auteurs d’abord : l’exploration des symphonies de Johannes Brahms et de Dmitri Chostakovitch demeure l’un des socles de la formation, l’assurance de son excellence autant que l’un des répertoires d’élection de Tugan Sokhiev. Le romantisme allemand et la symphonie soviétique constituent donc deux fils rouges au fur et à mesure desquels les musiciens approfondissent leur identité musicale. Collaborations institutionnelles ensuite : plus que jamais, l’Orchestre travaille main dans la main avec le Théâtre du Capitole, invitant ainsi les chœurs à cinq reprises. Cette capacité à construire ensemble projet symphonique et projet lyrique alimente l’énergie de ses musiciens. Fidélité à Toulouse enfin : l’excellence reconnue de la formation, son désir de faire découvrir à un public toujours plus large des chefs-d’œuvre autant que des figures méconnues de la musique témoignent de son engagement dans la ville. L’attachement de Tugan Sokhiev à Toulouse, le succès des musiciens à l’étranger sont enfin la plus belle preuve de la vitalité de l’Orchestre.

 

Tugan Sokhiev, Directeur musical - Thierry d’Argoubet, Délégué général

Brahms le visionnaire

vendredi 21 septembre à 20h00

Réservation

Kaddish

vendredi 12 octobre à 20h00

Réservation

Avec la musique napolitaine

samedi 20 octobre à 18h00

Réservation

L’Expérience Bruckner

samedi 27 octobre à 20h00

Réservation

Flamme russe

samedi 3 novembre à 20h00

Réservation

France romantique

vendredi 9 novembre à 20h00

Réservation

Avec Beethoven

samedi 17 novembre à 18h00

Réservation

Bach entre amis

vendredi 23 novembre à 20h00

Réservation

Mister Scrooge - The Snowman

dimanche 2 décembre à 10h45

Jeune Public

Réservation

Avec Tchaïkovski

samedi 15 décembre à 18h00

Réservation

Star Wars

les 19 et 20 décembre à 20h00

Réservation

Dans le tourbillon du Nouvel An

les 30 et 1er janvier à 18h00,

le 31 décembre à 20h00

Réservation

Adam Laloum ressuscite Mozart

samedi 12 janvier à 20h00

Réservation

Le Petit Prince

dimanche 20 janvier à 10h45

Jeune Public

Réservation

Le sacre Berlioz

vendredi 22 février à 20h00

Réservation

Féérie française

vendredi 8 mars à 20h00

Réservation

Le Front de l’Aube

dimanche 10 mars à 10h45

Jeune Public

Réservation

La folie Berlioz

dimanche 24 mars à 10h45

Jeune Public

Réservation

Ludwig VS Beethoven

samedi 30 mars à 18h00

Réservation

Grâce classique

vendredi 5 avril à 20h00

Réservation

Relève française

vendredi 12 avril à 20h00

Réservation

Intemporelle Russie

mercredi 17 avril à 20h00

Réservation

Déchirante humanité

samedi 27 avril à 20h00

Réservation

Souvenir viennois

samedi 11 mai à 20h00

Réservation

Titans allemands

samedi 18 mai à 20h00

Réservation

Debussy l’enchanteur

samedi 25 mai à 20h00

Réservation

Moondog l’inclassable

samedi 29 juin à 20h00

Réservation