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Dimanche 23 Septembre 2018

Couvent des Jacobins

Le mois du clavier

Par Jérôme Gac

À Toulouse, le festival Piano aux Jacobins investit le cloître des Jacobins, l’auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines, la Halle aux Grains, la Cité de l’Espace, etc.

 

Alexandre Tharaud Alexandre Tharaud

 

Piano aux Jacobins invite chaque année à Toulouse, et ses alentours, des artistes reconnus et des musiciens de la nouvelle génération pour un mois de récitals. Pour cette 39e édition, le festival retrouve ainsi quelques fidèles du cloître des Jacobins, dont Joaquín Achúcarro en ouverture des festivités avec un programme exclusivement dédié à Frédéric Chopin, dont il interprètera notamment les 24 Préludes et la « Polonaise héroïque ». Autre pianiste espagnol, Luis Fernando Pérez sera de retour pour livrer son interprétation de « l’Amour sorcier » de Manuel de Falla, des « Scènes d’enfants » de Federico Mompou, de quelques « Danzas españolas » d’Enrique Granados, de l’ »Alborada del gracioso » de Maurice Ravel, etc.

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Retour également du Toulousain Bertrand Chamayou avec un programme d’œuvres de John Cage, jouées sur quatre pianos préparés à l’auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines, pour accompagner une création de la danseuse Élodie Sicard en solo. On retrouvera les Français Alexandre Tharaud (photo) et Geoffroy Couteau qui ont mis chacun à leur programme la Sonate n° 32 de Ludwig van Beethoven, et le jeune Suisse Teo Gheorghiu pour les « Variations Goldberg » de Johann Sebastian Bach et des Préludes de Claude Debussy.

Parmi les pianistes déjà réputés, on attend les premières venues du jeune Américain Joseph Moog (Beethoven, Mozart, Liszt, Ravel), de l’Israélien Ishay Shaer (Beethoven, Brahms, Schumann), du Britannique Steven Osborne (Berg, Prokofiev, Debussy), ou encore de la Russe Elena Bashkirova (Mozart, Schumann). L’Israélien Ido Ramot (Samazeuilh, Couperin, Ravel), l’Italien Alberto Ferro (Beethoven, Chopin, Stravinski), les Français Jean-Paul Gasparian (Brahms, Chopin), Marie-Ange Nguci (Franck, Prokofiev, Escaich) et Célia Oneto Bensaid (Bernstein, Prokofiev) sont de ces jeunes artistes prometteurs que le festival soutient chaque année – certains d’entre eux dans le cadre du projet européen «L’Europe du piano».

Grand spécialiste du répertoire contemporain, Nicolas Horvath inaugurera à l’auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines la saison toulousaine dédiée à Moondog (1916-1999) en interprétant plusieurs pièces du compositeur américain qui seront données en création mondiale. Des cartes blanches ont été confiées aux jazzmen Aldo López-Gavilán aux Jacobins, Rémi Panossian à l’Escale de Tournefeuille, Amaury Faye à la Cité de l’Espace, etc. Le Luxembourgeois Francesco Tristano est attendu en clôture du festival pour une carte blanche à la Halle aux Grains : interprète inclassable et éclectique, aussi bien claveciniste que pianiste de jazz et compositeur, il est également actif sur la scène électro…

Jérôme Gac
pour le mensuel Intramuros

Piano Jacobins

Billetterie en Ligne

A. Tharaud © Marco Borggreve

Le Couvent des Jacobins, ancien couvent des Frères Prêcheurs, est un magnifique exemple de construction monastique des XIIIe et XIVe siècles, entièrement réalisé en briques, véritable joyau de l'art gothique languedocien.

L'église est un monument exceptionnel empreint d'une profonde harmonie qui, en réalité, n'est qu'apparence. Cette très forte impression d'unité dissimule, de fait, une construction compliquée, réalisée en étapes successives qui répondaient à des besoins sans cesse renouvelés de l'Ordre des Frères Prêcheurs alors en pleine expansion.

Le contraste est spectaculaire entre l'aspect massif, voire austère, de l'extérieur et l'extraordinaire légèreté de l'architecture intérieure : une double nef est séparée par des colonnes de vingt-deux mètres de haut, d'où jaillissent, portées à vingt-huit mètres, des voûtes d'ogives qui se terminent par le rayonnement des nervures du gigantesque et célèbre palmier.

Des couleurs chatoyantes, habilement réparties entre valeurs froides et chaudes, font vibrer l'édifice sans nuire au rigoureux agencement des volumes et des surfaces. Cette atmosphère lumineuse reflète les aspirations d'une nouvelle génération de Frèrers Prêcheurs qui tout en respectant la volonté d'humilité de Saint Dominique, fondateur de leur ordre, imposent dans le dernier quart du XIIIe siècle, une esthétique nouvelle.

Les bâtiments monastiques de l'ancien couvent s'agencent selon un schéma qui a su se libérer de la stricte ordonnance des constructions de la période romane, édifiées sur le plan-modèle de l'abbaye de Saint

La salle capitulaire, le réfectoire, la sacristie ainsi que la petite chapelle funéraire, dédiée à Saint Antonin et décorée d'un ensemble de peintures murales du XIVe siècle unique à Toulouse, s'organisent autour du grand cloître, orné d'élégantes colonnettes et de chapiteaux en marbre à décor floral et animalier où s'illustre une production d'ateliers locaux que l'on retrouve dans les cloîtres bâtis à la même époque à Toulouse.

Le réfectoire, dans lequel sont organisées des expositions de prestige telle "Toulouse, sur les chemins de Saint Jacques" est un des plus amples qui ait jamais existé dans l'architecture monastique. C'est un splendide vaisseau long de 60 mètres, recouvert d'une charpente lambrissée, baigné de lumière qui pénètre par des baies à lancettes trilobées. Cette belle construction, décorée de motifs géometriques du XVe siècle, a été édifié sous le priorat du Frère Loup et achevée avant la Noël de 1303. C'est là que Gaston Phébus offrit un banquet fastueux au roi Charles VI et à sa suite lors de leur venue à Toulouse à la fin du XIVe siècle.