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Lundi 9 Décembre 2019

Itinéraires graphiques

Par Jérôme Gac

La dixième édition de Graphéïne s’étend sur quinze lieux de la métropole toulousaine pour un large panorama des arts graphiques et des pratiques contemporaines du dessin.

 

"Love Nest" (2016) © Charles Burns« Love Nest » (2016) © Charles Burns

 

Pour sa dixième édition, le festival Graphéïne propose un parcours artistique à travers quinze lieux du réseau PinkPong: le Château d’Eau, Enac, la Fondation Espace Écureuil, le BBB, le CIAM La Fabrique, l’Adresse du Printemps de Septembre, le Musée des Abattoirs, le Lieu Commun, Odyssud, la Maison Salvan à Labège, le Pavillon Blanc à Colomiers, le Quai des Arts à Cugnaux, le Majorat à Villeneuve-Tolosane, etc. La manifestation offre cette année un large panorama des arts graphiques et des pratiques contemporaines du dessin, comme la bande dessinée, la création numérique, la sérigraphie ou l’édition, mais aussi des liens qu’entretient le dessin avec les autres médiums d’expression. Pour l’ouverture du festival, l’exposition « PinkPong Book » réunit les productions éditoriales des membres du réseau : catalogues d’expositions, livres d’artistes et créations en tout genre sont présentés dans une scénographie originale. Il est également question de livre avec « La Bibliothèque grise » et la venue de Charles Burns (photo), figure majeure du comics underground américain.

D’autres expositions associent des médias multiples, supports digitaux et plastiques, avec la présentation des travaux d’artistes tels que Collectif 2S, Pascal Navarro, Dominique Mathieu, ou encore Pablo Valbuena dont les réalisations sont prétexte à une promenade architecturale au cœur du bâtiment de l’ancien cinéma UGC (entrée libre jusqu’au 1er décembre). Le Centre d’Art nomade a en effet invité le plasticien à s’installer dans ces salles fermées au public depuis le début de l’été et vidées de leurs équipements, pour y livrer une proposition inédite. Artiste à la réputation internationale, Pablo Valbuena a travaillé pour l’occasion comme il le fait habituellement dans des lieux atypiques ou consacrés à ses expositions, ainsi que dans l’espace urbain, en fabriquant des œuvres in situ. Né en Espagne, Pablo Valbuena vit à Toulouse, où il développe sa pratique et sa recherche, notamment autour des interactions entre l’espace, le temps et la perception. Ce lieu d’exposition semble donc tout à fait approprié pour apprécier sa démarche qui explore le chevauchement du réel et du virtuel, la création d’espaces mentaux par l’observateur, la dissolution des frontières entre réalité et perception, les liens entre l’espace et le temps, l’expérience de l’observateur au centre de l’œuvre et l’utilisation de la lumière et du son comme matières premières. Ces idées sont matérialisées sous la forme d’interventions éphémères spécifiques à un site qui construisent et transforment l’espace avec des outils de perception plutôt que des outils physiques.

Le street art, la sérigraphie et la peinture sont également mis à l’honneur avec les œuvres métissées de Soia & Khalil Minka, Valérie Andriantsiferana et Philippe Hérard. L’exposition collective « Presque rien » rassemble une soixantaine d’artistes de la région Occitanie pour célébrer les dix années d’existence de La Fabrique, tandis que LC X LC présente une multitude d’artistes éditeurs d’horizons très divers. Cette riche programmation s’accompagne d’une série de rendez-vous : vernissages, performances, médiations, concerts… Durant le festival, des navettes gratuites permettent de suivre des parcours dans les différents lieux d’expositions de la métropole, à la rencontre des artistes et des commissaires d’exposition (inscription à parcours@pinkpong.fr).


Graphéïne