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Mercredi 14 Novembre 2018

Hambre : Trois questions à Rubén Velázquez

Propos recueillis par Nicolas Coulaud

Comment est née l’idée de créer Hambre ?

Cela fait près de deux ans que l’idée de ce spectacle est en gestation. Mon intention, à travers l’association La Dame d’Aragon, était de saisir l’occasion de l’anniversaire des 40 ans de la Constitution espagnole pour célébrer à Toulouse ce moment phare de l’histoire de l’Espagne contemporaine. Toulouse est la ville française qui a sans doute accueilli le plus d’exilés espagnols, et cela avant même la Guerre civile. Il est bien connu que les liens entre Toulouse et l’Espagne sont très forts. Il me semblait donc naturel que la ville rose accueille Hambre.

 

Miguel Angel Berna

 

Hambre illustre aussi cette soif de liberté qui a caractérisé la transition démocratique qu’a connue l’Espagne après la mort de Franco et qui s’incarne notamment dans ce que l’on a appelé la Movida…

Oui, et l’on pourrait presque voir dans la Movida des parentés avec ce qui s’est passé en France en mai 1968, même s’il faut se garder de comparaisons hasardeuses. Il y a eu en Espagne un élan. Tout était permis, autorisé. Je me souviens d’une anecdote, un soir à Barcelone, au tout début des années 80. Je déambulais dans les rues avec un ami. Des officiers de la Guardia Civil, qui patrouillaient, se sont approchés de nous pour procéder à un contrôle d’identité. L’ami avec lequel j’étais portait un sac à dos et, dans un geste d’agacement, a vidé le contenu de son sac sur les pieds des policiers. Il ne s’est rien passé, alors que quelques années auparavant, une telle attitude nous aurait valu le cachot. Les agents de la Guardia Civil nous ont rendu nos papiers et nous ont laissé partir. J’ai alors compris que le franquisme était définitivement vaincu.

 

Porté par plus d’une centaine d’artistes, Hambre est toutefois indissociable de Miguel Ángel Berna qui est à la fois danseur et chorégraphe…

Miguel Ángel Berna est un danseur hors du commun, que j’ai découvert un jour dans un film de Carlos Saura par l’entremise d’un ami. Dans cette danse traditionnelle qu’est la jota, Miguel Ángel Berna apporte une classe époustouflante du fait de sa formation classique. Miguel Ángel Berna fait partie de ces artistes qui ont élevé la jota au niveau d’excellence que possède le flamenco. Son grand talent est aussi d’avoir transformé la jota au point que les générations futures ne la danseront plus de la même manière.

 

Hambre Toulouse

 

 

📍  Hambre : éternels désirs d’Espagne… 

 

Hambre  •  Jota & Zarzuela

dimanche 25 novembre 2018 (15h00) et lundi 26 novembre 2018 (20h00)
Halle aux Grains (Toulouse)

 

Hambre / Miguel Ángel Berna  ©  Jaime Oriz